25/08/2014

Bulletin d'information lundi 25 août

Bonjour à tous ceux qui nous suivent sur le blog de l'indépendant.

L'aventure a commencé ce midi avec le décollage de notre avion de l'aéroport de Perpignan en direction de celui d'Orly

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Superbe soleil à Perpignan, pluie et bouchons parisiens à l'arrivée.

Première galère le chauffeur de la limousine s'est trompé dans l'adresse de notre hôtel, en plus il disposait d'un GPS. Après la première surprise, une autre de taille, ayant sauté le déjeuner car les vols intérieurs ne distribuent pas de matières solides pour remplir l'estomac, nous pensions nous rattraper dans une bonne collation gastronomique, que nenni nous sommes punis, ratafia et plats pour micro-ondes. Le champagne nous attend après l'embarquement à bord de l'Austral !!

Les publications sur ce blog, ne seront pas aussi fréquentes que celles sur Facebook et Google+, mise en place et programmation plus longue.

A bientôt au bout du Monde !!

 

 

03/10/2013

Expedition Groenland 2013, livre électronique

Pour ceux qui n'auront pas le plaisir de recevoir le livre "Récit d'expédition" 70 pages avec photographies ainsi que le court-métrage intégral de l'expédition 2013 au format DVD.

Une version plus allégée est disponible sur le site Internet de l'expédition en 38 pages, bonne lecture.

 http://www.creapromedia.fr/expedition/creapromedia_...

Expédition Groenland 2013. Récit de l'aventure

Prologue

Tout a commencé un an auparavant.

En cette fin de mai 2012, nous recherchions une destination insolite pour passer nos futures vacances, un lieu empli par l’histoire et déserté par l’homme, une terre qui résiste au climat autant qu’aux assauts industriels, un écrin d’éternité.

Après maintes recherches vers des chemins lointains, nous avons écarté : Mars en raison de la durée du voyage et la Lune pour son inhospitalité.

La lecture d’une revue scientifique sur le réchauffement climatique et ses effets sur la nature, apporta une réponse à notre questionnement, découvrir l’Arctique.

Peu de compagnies maritimes de croisière, sont autorisées à naviguer dans ces eaux froides et immaculées, la pollution sous toutes ses formes n’y a de place.

Notre choix s’est porté sur la Compagnie du Ponant pour son respect de l’écologique autant dans la motorisation  électrique de son navire que dans le recyclage de ses ressources et déchets. La beauté du navire le Boréal a fait aussi penché la balance ainsi que son équipage francophone et son drapeau battant fièrement pavillon français.

Pour éviter l’ennui d’un récit littéraire, nous y avons mêlé anecdotes et impressions.

Nous sommes désolés pour ceux qui ne s’y reconnaîtront, cela est voulu et délibéré.

  

Une brise de fraicheur dans un monde survolté

Après quelques préparatifs, valises et matériel de prises de vue entassés dans le coffre de la voiture, nous prenons la route le 11 août 2013, direction l’aéroport de Roissy en banlieue de Paris. Voyage à étape, Brive La gaillarde, un hôtel-restaurant luxueux un peu délabré. Le revêtement des façades partait en lambeaux et l’ascenseur fonctionnait au ralenti avec quelques soubresauts, étrange lieu de séjour.

Pressés de rejoindre la capitale de l’île de France en évitant les bouchons récurrents, nous reprenons notre route de bon matin, espérant arriver à notre hôtel avant la fin de la journée.

Le trajet est calme et ensoleillé, les nuages et les ralentissements apparaissent à l’approche de Paris. Nuages noirs et grises mines sur les visages des conducteurs. L’avertisseur sonore est interdit en ville, les automobilistes se défoulent donc sur les routes et accès alentours, les quolibets et insultes fusent, le climat parisien dans toute sa splendeur.

Bref, la durée du trajet commençait à s’éterniser un peu pour accéder à notre destination d’envol. Après quelques heures passées dans les embouteillages et la pollution de la capitale, le portail majestueux du Pullman apparut dans la brume, enfin arrivé.

Le numéro 623 de notre chambre d’hôtel est identique à celui de notre cabine sur le navire d’exploration. Sacrebleu !

Nous avons choisit cet hôtel pour sa proximité du terminal 1, ainsi que pour le confort et la cuisine gastronomique qui est distillée dans tous les hôtels de cette catégorie. Le luxe hôtelier français est en disgrâce, le bâtiment est en travaux et son restaurant gastronomique, fermé. Les marteaux-piqueurs officient à l’aube.

Quelle poisse, une pensée nous traverse l’esprit « partir au plus vite de cet endroit maudit ».

La navette de l’hôtel nous dépose à l’aéroport en fin de matinée pour un décollage en direction de l’Islande prévu à 14H15 et une durée de vol effectif de 3H30, l’enregistrement des bagages est rapide, le passage de la douane l’est moins, personnel discourtois et agressif.

Le vol se déroule sans encombres ni retard, il prit 2H d’avance au survol de l’Islande, décalage horaire. Atterrissage à l’aéroport de KEFLAVIK du vol FI543 d’ICELANDAIR en provenance de Roissy-Charles-de-Gaulle, 15H45 heure locale, le débarquement des passagers se fait dans une ambiance calme et bon-enfant.

Un temps d’orage nous attend sur le tarmac de l’aéroport, nuages noirs en basses altitude, faisant craindre l’imminence d’un cataclysme, roches en fusion et projections de cendres, sont quotidiennes pour  « La Baies des Fumées ».

Le tri et l’embarquement des passagers dans les cars de transports affrétés par la Compagnie du Ponant, se fait patiemment avec un certain entrain, n’éparpillons pas les bagages des voyageurs.

Accueil chaleureux et souriant de l’équipe du BOREAL, « Allez, allez, un peu de nerf, nous n’allons tout de même pas passer la journée sur le parking de cet aéroport », pensais-je. 

Les portes fermées, le car s’ébranle et prend la direction de REYKJAVIK. Beaucoup de trafic routier à cette heure de la journée, la vitesse limitée à 50km/h en ville et 80km/h sur les voies urbaines.

Les ronds-points et carrefours s’enchainement à un rythme ahurissant, ralentissant la progression de notre transport qui gémit sous le poids de son chargement.

Des paysages lunaires séparent les villes et bourgades, nombres d’astronautes américains sont venus s’y entrainer, un avant gout de leur aventure spatiale.

Après plus de 30 minutes de pérégrination routière, le car arrive enfin au port de REKYAVIK où nous attend le BOREAL, navire de l’expédition.

 Un beau et grand navire et pourtant si petit sur la brochure de la Compagnie.

« Allez, on se presse » tout le monde descend en rang serrés et se dirige vers la passerelle d’embarquement « Préparez les passeports et soyez attentifs».

Le comité d’accueil nous attend réjoui de notre venue, il est composé du commandant et de son staff.

« Permission de monter à bord » Surtout ne pas rater la marche !

Un commissaire de bord nous attend juste après, « Veuillez vous enregistrer, présentez votre carte d’embarquement », notre entrée est enregistrée après le scan de notre carte magnétique personnelle, le PASS de l’expédition sert aussi de clé, surtout ne pas égarer sous peine de ne pouvoir accéder à la cabine.

Le cadre est somptueux, moquette au sol, chromes et boiseries avec un éclairage feutré, cap sur la réception. Les passeports sont confisqués, cela évitera aux passagers de les perdre en les exhibant trop souvent.

Un membre de l’hôtellerie nous attend avec nos bagages, direction le nid douillet au pont 6, une belle suite prestige de 37 m² avec un balcon privé donnant sur l’océan, un grand espace meublé avec gout.

Déballage et rangement de nos valises, petit tour du propriétaire, un lit double, beaucoup de rangement, deux écrans de TV, un sofa, deux dressings, une salle d’eau et une salle de bains, WC et bureau, l’accès au balcon se fait par deux grandes baies vitrés bien isolées, clarté assurée toute la journée.

La nuit commence à poindre sur la baie de REYKJAVIK, quelqu’un frappe à notre porte « Toc, toc c’est vôtre Majordome », j’ouvre avec hâte et découvre un personnage autant accueillant que surprenant, Pascal GUYADER avait fait ses classes à Buckingham et travaillé dans les plus grands palaces et nombre de grandes maisons, il tient dans sa main une coupelle empli de quelques douceurs sucrées, de petits gâteaux préparés par le maître pâtissier du bord, quelle délicieuse attention, qui se répéta tous les soirs de l’expédition.

Le temps était maintenant venu de nous sustenter, notre cabine se trouvant à proximité de « La Boussole » buffet-grill avec une terrasse semi-abritée et un espace mégots fumant pour les inconditionnels du tabac, nous prenons pour habitude de nous y rendre pour les repas. Buffet à volonté pour tous les affamés, de grandes tables permettant la rencontre et la convivialité entre passagers.

Julien MISMAQUE détaché au service de la restauration du navire, nous accueille avec un franc sourire « Bonsoir, bienvenue à la Boussole ».

Chacun choisit son menu au travers du buffet des entrées, des plats et celui des desserts. Un large choix gastronomique qui  était renouvelé chaque jour au gré des choix du grand maestro des marmites, M. Gérard GERMAIN.

La Sommelière Catherine CASTAING, nous propose sa sélection de vin.

Après ce repas délicieux, nous sortons respirer quelques instants autour de la piscine avant de nous endormir pour cette première nuit à bort du BOREAL.

Pas de chant du coq pour le réveil du matin, quelques lueurs du jour filtrées par les épais rideaux, caressent la commode, un bon bol d’air s’impose avant le petit déjeuner. Après un brin de toilette, je mets le cap sur la terrasse de la bibliothèque Piano-bar à la proue du pont 6.

Pouah !! Quel temps pourri pour visiter la capitale de l’Islande et faire le photographe au centre de REYKJAVIK, allons d’abord déguster de bons croissants à « La Licorne » le restaurant gastronomique situé au pont 2 avec une vue panoramique à la surface de l’eau, le décor est très douillet avec nappes blanches et banquettes moelleuses, idéal pour se réveiller en douceur et prendre son petit déjeuner.

Frédéric ZANA et Christophe MADIOT y officient en duo, toutes ouïes ouvertes à vos requêtes. 

En repassant par la terrasse du grand salon à la poupe du pont 3, j’entrevois deux officiers des douanes groenlandaises qui scrutent les passeports des passagers en recherche d’intrus ou de gros poissons.

Pour visiter la ville, un plan de situation s’impose, direction la réception au pont 3. Nicola BRENNER, chef de l’hôtellerie, nous accueille en nous proposant le plan détaillé de la ville et nous distille quelques conseils pour éviter de nous perdre.

Débarquement du navire, zip zip fait la carte d’embarquement dans le scan du commissaire de bord

« Permission de débarquer »

Attention à la rampe, la passerelle d’accostage est mouillée, nous évitons de prendre un bain gelé. Le Musée d’Art fait face à l’embarcadère, sur bâbord la « HARPA » centre de musique de REYKJAVIK qui flirte avec le port où se côtoient pécheurs, transports de marchandises, bateaux de croisières, gardes-côtes et navires d’explorations.

Capitale de l’Islande fondée en 874 par le norvégien Ingolfur ARNASON, ses rues sont bordées d’anciennes bâtisses en bois qui côtoient d’autres bâtiments plus modernes, on y entend encore le son de cloche de la vieille église Domkirkja qui jouxte le parlement islandais.

D’un pas sûr et empressé nous atteignons le centre-ville, pour faire quelques achats. Bars et brasseries à perte de vue, le café « PARIS » fait la causette avec  « The English Pub » ou un intermède au « Carlsberg Pub » et son carré VIP. La ville ne manque pas débits de boissons et pourtant une pénurie se fit craindre dans les années 80, les deux principaux fournisseurs de bières danoises ne purent approvisionner le marché, tant la demande fut grande, plus de 500 000 bouteilles par an, soit une consommation de 100 bouteilles par habitant quelque soit son âge.

Les photographies des principaux édifices du centre-ville étant prises, nous mettons le cap sur une boutique de produits locaux où se mêlent vêtement cousus mains et objets de décoration. Pendant qu’Isabelle chine dans les rayons, je me mets en quête de cartes postales, souvenirs indispensables à expédier aux amis et à la famille.

Nous prenons le chemin du bureau de poste avec un arrêt au distributeur de monnaie locale le plus proche pour régler nos achats de timbres postaux internationaux, nous retirons un billet de 5000 couronnes Islandaises du distributeur automatique, soit 30,2 euro. La monnaie de l’Islande n’a que peu de valeur pourtant la vie y est chère.

Sur ce, nous changeons de pas  et retournons à bord du navire de l’expédition qui doit appareiller pour le Groenland, Gala de bienvenue, prévu pour 19H30 au théâtre, tenues de soirée et courtoisie sont de rigueur. Pendant qu’Isabelle découvre le SPA, je récupère mon matériel de prises de vue et prends la direction de la terrasse de la bibliothèque, poste d’observation pour l’appareillage du navire où je réalise le début de mon reportage avec quelques plans de coupe pour le montage final.

Le vent du nord attise le froid rendant la prise de vue plus difficile à réaliser, je décide de rentrer à la cabine pour commencer à me préparer pour la grande soirée de Gala.

Costumé, cravaté accompagné de ma chère tendre parée de ses plus beaux atours, nous allongeons  le pas jusqu’au théâtre où nous attends Capucine la photographe, personne n’échappe à son objectif.

Clic, clac dans la boite, une photographie en compagnie du Commandant du navire, M. Patrick MARCHESSEAU.

Champagne, faites péter les bouchons

Une coupe de champagne en main, nous gagnons nos fauteuils pour assister à la présentation du navire, des membres de l’équipe de commandement ainsi que celle des guides et naturalistes, une explication sur le fonctionnement du navire et quelques recommandations.

Mon estomac crie famine avec quelques nausées que je pense mettre de côté le temps de dîner, « le mal de mer » entre en action, m’obligeant à opter pour la position horizontale pendant près de deux jours. La vision de la mer agitée à travers les baies vitrées du restaurant panoramique, m’est totalement impossible, je sens le contenu de mon estomac, remonter et vouloir sans modération, s’extérioriser de mon corps.

Les seuls ingrédients pouvant pénétrer dans mon ventre, sont pommes vertes et gâteaux sec, délivrés avec sagesse par Pascal, le majordome. Le Doc du bord vient aussi me prodiguer ses soins avec quelques pilules magiques

Le quatrième jour de l’expédition, est ma rédemption, je peux enfin me redresser à la verticale et marcher maladroitement jusqu’au balcon, prendre une brise fraiche à pleins poumons. N’étant pas encore assuré de mes pas, je laisse partir ma chère Isabelle, seule se délecter des croissants chauds de « La Licorne ». Equipé chaudement, je m’installe sur un des fauteuils du balcon et entreprends de réaliser quelques prises de vue sur la navigation auprès du Groenland, un spectacle grandiose avec les premiers icebergs nappé et les villages côtiers envahis par une fine brume.

Une éclaircie apparait dans le ciel en fin de matinée, permettant de nous installer en terrasse pour le déjeuner et profiter amplement des rayons du soleil tant attendus.

En fin de repas, une annonce retentit dans les hauts parleurs du navire « ici vôtre commandant, nous pénétrons dans le fjord Christian Sund» un canal de 51 milles marins de long (94 km) sur une largeur de 0,3 à 1 milles marin (500 m à 1852 m environ)

Un petit Iceberg a élu domicile au centre du fjord, obligeant notre navire à le contourner, le BOREAL est plus maniable que les géants des mers, avec ses 142 m de long, 18 m de large et un faible tirant d’eau de 4,7m, lui permettent de se faufiler un peu partout

Un spectacle impressionnant entre glaces et roches ciselées par la fonte incessante de l’inlandsis

L’inlandsis culmine à 3300m d’altitude et s’étale sur 2400km de long, sa surface est de 1 755 657 km². Le point le plus haut du Groenland, le Gunnbjorn Fjeld (chaîne du Mont Watkins) qui s’élève à une altitude de 3700m.

Le volume global de glace représente près de 2 millions de kilomètres cubes de glace, soit 10% de l’eau douce du globe, qui en fondant complètement répandrait sur toutes les mers du globe, une couche d’eau supplémentaire d’environ 6,5 m d’épaisseur.

Notre navire file ses 5 nœuds sans aucune pollution ni rejets grâce à sa propulsion électrique fournie par 2 moteurs de 2300 KW chacun et dont la vitesse moyenne de croisière atteint les 16 nœuds.

« Phoques barbus à bâbord » Annonce du commandant par le haut parleur, « nous allons nous rapprocher un peu », un grand glacier surplombe le fjord, saisissant par son ampleur et son reflet bleuté, il s’écoule peu à peu dans le fjord, tel une mer gelée.

Belle journée pour les prises de vues, grand ciel bleu sans nuages, le soleil se reflète sur l’eau et caresse les flancs du navire, l’on en oublierait presque notre situation géographique, à ce rythme toutes les villes côtières auront bientôt les pieds au sec. Les glaces de l’Arctique reculent, découvrant des paysages magnifiques et mettant en péril l’équilibre écologique de ce monde.

Après un clin d’œil à quelques mammifères marins étendus au soleil sur une plaque de glace dérivante, le BOREAL reprend sa route vers HVALSO

Un briefing est organisé au théâtre, sur la procédure de débarquement en zodiac par équipe, bleu et rouge. Principes et précautions d’usages pour éviter glissades et bain glacial

Le temps s’égrène vite au pays des aurores boréales. 18H30 Remontons tranquillement au buffet du pont 6, les dîneurs se pressent déjà dans les couloirs et allongent la queue d’attente à La Licorne.

Allons dîner à la Boussole dans le calme et la sérénité, un bol d’air du soir et dodo.

Le 17 août au matin je découvre la baie de HVALSO, enveloppée d’une brume dense et humide. L’équipe des naturalistes nous a concocté une excursion avec accostage sur un ponton, le débarquement des passagers se fera à l’aide de zodiac, enfin de l’action.

Bien équipé contre le froid et les pieds humides, nous débarquons vers 14H00 avec l’équipe rouge.

Découverte des plus grandes ruines vikings du Groenland, une église viking datant du Xe ou XIe siècle.

Michel LINCHETENSTEIN le guide naturaliste nous conte l’histoire du Groenland

Erik le Rouge et son père Thorvald, s’expatrièrent de Norvège à la suite d’un meurtre. Ils s’installèrent à Dranger au Nord-Ouest de l’Islande.

Thorvald y meurt, Erik le Rouge épouse Thorhild et s’installent à Vatnshorn.

 De cette union naquit un fils, Leif Ericsson

Suite à plusieurs meurtres, Erik le Rouge est bannit d’Islande pour 3 années consécutives. Il équipe son bateau et fuit discrètement avec 20 hommes en direction de l’ouest vers les îlots relatés dans le récit de Gunnbjörn.

Après avoir rencontré les glaces le long de la côte Est du Groenland, ils touchent terre. Jugeant la région trop inhospitalière, ils reprirent la mer en direction du Sud, contournèrent le cap Farvel pour débarquer à Qassiarsuk.

Durant trois longues années, ils bâtirent les premières constructions, élevèrent du bétail, et partirent en exploration à la recherches de terres fertiles.

Erik le Rouge rentra en Islande à la fin de son exil et réussit à convaincre 1000 personnes de le suivre, seulement la moitié arrivera au Groenland en « Terre Verte » nommée ainsi pour sa fertilité à l’opposition  de l’Islande  qui était une « Terre de glace ».

Deux régions seront colonisées, Osterbygd (Groenland Sud) et à l’Ouest  Vesterbygd  (région de Nuuk).

Vers l’an 1000 Leif Ericsson accompagné d’un prêtre et de quelques chrétiens, débarqueront au Groenland pour christianiser ces nouvelles colonies

Les Vikings coloniseront presque tout le territoire des actuelles communes de Narsaq, Qaqortop et Nonortalik avec une population de 4000 à 5000 âmes.

Un évêque est nommé en 1124, il s’installera en 1126 à Gardar (aujourd’hui Igaliku).

Cette époque sera révolue au cours du XIVe siècle, lorsque le climat se refroidira fortement

1342 Disparition de toute la colonie de l’Ouest

1348-1349 La peste noire décima les colons

Les Vikings disparurent du Groenland peu après 1410, lorsque le dernier bateau de colons, arriva en Norvège

1721 Arrivée du pasteur Hans Egede, venu pour évangéliser.

1733 Première épidémie de variole qui décime une grande partie de la population dans la région de Nuuk

1776 Création de la Compagnie Royale du Groenland par le gouvernement danois qui décida de prendre en main tout le commerce et conserve encore à notre époque, le monopole des opérations de transport et de commerce.

1910 Création du Comptoir de Thulé par Knub Rasmussen né d’un père danois et d’une mère eskimo et son ami Peter Freuchen, d’où seront lancés 7 expéditions qui le conduiront jusqu’au détroit de Béring.

1930 Création d’une base scientifique nommée Eismitte par Alfred Wegener qui est l’inventeur de la Théorie de la dérive des continents.

1933 Le Groenland est rattaché au royaume de Danemark, décision de la cour internationale de la Haye.

1936 Première expédition mixte avec la participation de la France, la Suisse et le Danemark. Composée de :

Paul-Emile Victor, futur organisateur des explorations polaires françaises

 Robert Gessain un jeune médecin passionné d’ethnologie

Michel Perez, glaciologue et minéralogiste

Eigil Knuth, peintre sculpteur et graveur

1950 Mise en œuvre des premières explorations françaises

1957 Vote des Groenlandais en faveur de la nationalité Danoise

1979 Le Groenland devient autonome

1985 Le Groenland sort de la C.E.E par référendum

 2009 Autonomie renforcée

 

Cap le fjord de Kangerlluarsuk pour une navigation d’exception d’environ 190 km de long et entre 1,5 km et 8 km de largeur, il découle de l'estuaire de la rivière Qinnguata Kuussua au sud-ouest et se jette dans le détroit de Davis. C'est le plus long fjord de l'ouest du Groenland. Avec ses grandes chutes d’eau, fonte de la calotte glacière en été.

13H00 Arrivée à NARSAQ, un ancien comptoir fondé en 1830 par Qaqortop où transitaient peaux et graisses apportées par les chasseurs ainsi que les marchandises arrivant de l’Europe pour y être vendues.

Très belle ville côtière avec ses maisons en bois de toutes les couleurs

Rencontre inattendue à l’autre bout de l’objectif, le PANGAEA voilier d’exploration du navigateur Mike Horn.

Quelques bateaux de pécheurs sillonnent la baie

Briefing au théâtre après le déjeuner, au programme, la journée du lendemain.

Dîner à deux entre quatre yeux, servis comme des papes par Pascal, le zélé majordome. Cuisine de Roi, réalisée par un chef étoilé, des maîtres chocolatiers et boulangers français, un régal.

Dimanche 18 août au matin, pluie et brume dans le fjord de Nuuk la Capitale du Groenland et la plus petite au monde avec approximativement 15000 âmes sur les 56840 habitants que comportent le territoire Groenlandais tout entier. Fondés en 1721 par Hans Egede de la colonie de Habeis, Nuuk abrite le plus grand musée du Groenland, qui retrace l’histoire du pays à travers une grande collection d’objets anciens, harpons, kayak, vêtement, etc.

Le BOREAL a prévu son accostage pour 14H00 sauf imprévu. Trois cars locaux attendent pour véhiculer les passagers jusqu’au Musée Inuit, belle collection d’objets et d’outils anciens, des kayaks pour la pèche à la baleine, des oumiaks pour le transport de personne et de marchandise, descriptions de la culture et des croyances Inuit ainsi que des momies parfaitement conservées dans l’inlandsis.

La source du métal Inuit provient d’une météorite,  en 1818 une rumeur sur son existence pénètre les cercles scientifiques européens. Plusieurs expéditions sont lancées jusqu’en 1883, sans succès. 1894 l’explorateur Robert Peary l’approchera au large du Cap York à l’aide d’un guide local. Il en vendra des morceaux moyennant finances à l’American Museum of Natural History de New York, ancrés dans la roche des ses fondations tant la masse des morceaux de la météorite, est pesante. 

Le transport maritime demanda la fabrication de radeaux spéciaux ainsi que la construction de l’unique chemin de fer du Groenland

Petit tours à l’office du tourisme accolé au musée, envoi de cartes postales et achat de bibelots estampillés VVF mais fabriqués en chine.

Les passagers impatients de retourner à bord du navire, émettent le désir de ne pas attendre les retardataires qui se sont éparpillés dans la ville « Ils trouveront bien une place dans un des deux autres car restant et au pire ils rentreront à pieds, c’est excellent pour la digestion »

Notre car s’ébranle répondant comme un écho au souhait émis.

Retour sur notre jonque pour une navigation en mer d’émeraude.

Vive l’air pur sans pollution d’aucune sorte, certains ne l’entendent pas de cette oreille. Notre navire est résolument « no smoking », les fumeurs de tout poil n’ont qu’à bien se tenir, de tout petits espaces sur la terrasses extérieures sont équipés de mini-cendriers, les cerbères sont sur leurs gardes. Grâce à des jeux de miroirs judicieusement installés, les contrevenants sont repérés et sermonnés comme de petits enfants écervelés, pour ma part je les enfermerais à fond de cale pendant le reste du voyage.

La navigation se poursuit au long des côtes Groenlandaises.

Quelques mammifères marins viennent caresser la coque du navire, d’autres sont occupés à pêcher leur repas, il peut arriver que le commandant décide de se lancer dans la course à la baleine à bosse ou au phoque furtif, cramponnez-vous ainsi que les objets autour de vous, tout peut basculer lorsque le commandant s’exclame dans le haut-parleur « Baleine à tribord, nous allons nous rapprocher un peu » la bateau gîte rapidement, le mobilier aussi ainsi que le contenu de votre estomac si vous n’êtes pas bien amariné.

Après quelques heures passées en mer, notre navire d’exploration pénètre dans la baie du glacier Eqip Sermia, nommé Eqi en l’honneur de Paul-Emile Victor explorateur polaire français qui effectua en 1936 la première traversée de l’inlandsis du Groenland.

Le spectacle est magique, l’océan est blanc nacré, les rayons de soleil l’irise de toute leur clarté, quelques craquements se font entendre autour de la coque du navire qui progressent lentement. La mer de glace se reconstitue après le passage du BOREAL, un peu angoissant ce pack de glace qui le retient entre ses griffes glacées, cette idée noire est vite balayée par Nicolas BERNARD élève officier « Nous sommes équipés des dernières technologies en matière de détection et la coque de ce navire est renforcée ».

Fort de ces renseignements utiles, je me dirige à la proue du pont 6 pour y faire quelques bonnes prises, le photographe se fond dans le décor.

Les zodiacs sont de sortie, leurs pilotes tentent d’approcher de la « Marina » située à la poupe du BOREAL au pont 2, pour charger l’équipe de naturalistes et de guides qui va tâter le terrain, l’approche est rendue difficile par les nombreuses plaques glacées aux alentours, un zodiac tente l’aventure en surfant sur l’une d’elle pendant que son conducteur tente de la fendre à coup de rame « Diantre qu’est ce donc là ». Quelques éclats de rire fusent çà et là, une nouvelle discipline sportive à instaurer aux jeux olympiens.

La glace étant par certains côtés aussi coupante qu’un couteau, elle peut entailler gravement la structure en caoutchouc de l’embarcation.

Les érudits s’installent dans l’embarcation et prennent la direction du ponton d’accès au glacier Eqi, ce ponton si près à l’œil nu est si loin à coup de pagaies, c’est un ravissement pour mes objectifs qui se délectent de cette mésaventure du jour, le rapprochement du téléobjectif me permet de capturer scènes et émotions rares, le genre humain se comporte différemment lorsqu’il ressent la présence d’un pisteur autour de lui.

Après maints essais et tentatives avortés pour avancer dans cette marée glacée, le zodiac de tête arrive enfin à destination, le premier guide met le pied sec sur le ponton d’accès au glacier, Marcel LICHETENSTEIN entame un danse de victoire les bras tendus vers le ciel.

Le ballet du débarquement des passagers peut dès lors commencer.

Faisant partie du groupe rouge de l’excursion pépère, notre départ est reporté à 14H30, juste le temps nécessaire pour déguster un excellent déjeuner dans un restaurant déserté par tous les aventuriers qui sont partis éliminer leurs calories dans une randonnée d’enfer.

Le déjeuner terminé, nous prenons la direction de la « Marina » pour un embarquement à pieds sec dans le zodiac, quelques conseils des officiers du bord, pour éviter de glisser sur les « boudins » et de partir nager avec les mammifères marins du coin.

La traversée jusqu’au ponton d’accès du glacier, se fait sans encombres, les plaques de glaces dérivantes ayant fondu sous l’action du soleil grisant de l’arctique, le débarquement se fait presto et solidement avec la « poignée du marin » une technique parfaitement maîtrisée par les membres de l’équipe scientifique.

La montée de la falaise est facilitée par des escaliers en bois et cordes, il faut toutefois maitriser ses réactions pour ne point revenir au point de départ par une roulade magistrale. La végétation est rasante, toundra et rochers, la progression de la montée se fait sur la roche fendue ou dans l’herbe rase, attention à la flore.

La vieille cabane qui servait de campe de base aux explorations polaires de Paul-Emile Victor, est bien délabrée, impossible de la visiter. Le site est désormais habité par un gîte écologique qui propose un séjour unique à proximité du glacier, une façon radicale d’extraire ses rites citadins.

Des renards polaires argentés sillonnent le campement à la recherche de quelque nourriture, peu farouche car habitué à la compagnie humaine.

Le glacier Eqi se détache de la montagne et répand sa progéniture en vêlant glaces et icebergs frisés.

Au détour d’un chemin que nous pensons nous ramener à notre embarcation, un dépotoir d’immondice rouillé nous attend, vieux barils en vrac, planches à clous saillants et pointus, vielles machines éparpillées loin du campement du gîte écologique du glacier Eqi, encore un dépôt d’ordure sauvage sur une terre qui devrait être respectée par ceux qui s’y installent.

« Attention à la marche, ne glisser pas sur le boudin »

Les passagers de l’embarcation prennent places, en avant toute !

Sur le trajet, le pilote de notre zodiac se détourne de la route pour aller porter assistance à une embarcation en détresse, étrange radeau à la dérive équipé d’une table blanche et de marins hilares qui à notre arrivée, nous tendent à chacun une coupe de champagne, c’est le « Zodiac-Bar ». Capucine n’est pas très loin avec son objectif « les oiseaux sont dans la boite ».

Le soir file au loin et le BOREAL reprend son chemin.

Lundi 19 août au soir, arrivée à proximité de Kitsisarssuit un petit village situé à 250 km du cercle polaire. Diner sous les étoiles

 « Permission de monter sur la passerelle »  Rencontre avec le Lieutenant Arthur TOLLET aux manettes en l’absence de commandant, non loin l’élève officier Raphaël COLLET immergé dans son travail et le Captain David ARIONNEAU CHATEL qui explore à la jumelle le paysage environnant.

Le BOREAL appareille dans la nuit à la poursuite de sa prochaine étape.

ILULISSAT (Icebergs) en baie de Disko

Jeudi 22 août 2013 Tôt le matin,  notre navire d’exploration pénètre dans la baie de Disko, le fjord de glace d’ILULISSAT nous fait face, étonnant par sa superficie 40 240 hectares, il est l’embouchure maritime de Sermeq Kujalleq, un  des rares glaciers à travers lesquels la glace de l’inlandsis, atteint la mer. Ce glacier est un des plus rapides (19 m par jour) et des plus actifs au monde. Son effritement annuel atteint les 35km3. Inscrit au patrimoine de l’Unesco en 2004

Huitième jour de l’expédition, le moral est toujours au beau fixe. Un paysage irréel s’étend de tous bords à perte de vue autour de notre navire, de milliers de glaçons et d’icebergs pavent la baie de Disko en provenance du fjord glacé d’ILULISSAT. Le BOREAL parait minuscule en comparaison de certains icebergs tabulaires dépassant les 1800 pieds de longueur et dont la hauteur domine le navire de près de 200 pieds, la masse d’un tel bloc est supérieure à 30 000 tonnes.

Débarquement en zodiac et visite de la ville la plus touristique du Groenland créée en 1734 par Jakob Severin, elle connut diverses modifications au cours des siècles suivants pour devenir la principale ville de la baie de Disko avec ses conserveries de poissons et de crevettes

Le Groenland a remplacé ses centrales diésel par des centrales hydroélectriques, utilisant ainsi ses vastes ressources en eau de fonte glaciaire pour produire de l'hydroélectricité à plus faible coût et de réduire les importations de combustibles fossiles ainsi que les émissions de gaz à effet de serre du pays

La centrale hydroélectrique de 22,5 mégawatts (MW) d’ILULISSAT, constitue l’un des projets d'énergie renouvelable. La centrale hydroélectrique remplace une centrale diésel actuelle et fournit de l'électricité à la ville ainsi qu'au réseau de chauffage urbain local. Trois centrales hydrauliques ont été construites dans trois des 17 villes de l'île, couvrant près de 50% de la consommation énergétique du Groenland, d'autres sont en projet.

Une balade en hélicoptère est prévue pour les aventuriers. Survol de la baie de Disko et du glacier Sermeq Kujalleq

Le Commandant Patrick MARCHESSEAU a demandé l’aide d’un pilote des glaces pour se frayer un chemin dans cette mer glacée, navigation serrée pour la dernière étape, rendez-vous au glacier Eternité.

22 Août 2013 Navigation dans l’Evigherdesfjord jusqu’au glacier Eternité, dernières sorties en zodiac pour l’admirer de près.

Evigherdesfjord Le glacier Éternité  impressionnant par sa masse et son volume. Il dépasse les 80 m de hauteur et déverse sans cesse ses rejets glacés qui deviendront autant d’icebergs bleutés et acérés

Je me laisse griller par le soleil arctique sur une banquette autour de la piscine, encore quelques tours de bobine et mon court-métrage sera terminé. Une dernière visite s’impose au centre de commandement du BOREAL.

Attraper un regard, une émotion ou un sourire, là est ma passion

Le Commandant Patrick MARCHESSEAU, me sourit tandis que le Captain David MARIONNEAU CHATEL, s’en étonne.

 

Une dernière prise pour le Doc, l’oiseau est enfin dans la boite.